Gestion de la couleur, profils, étalonnage et calibrage

Cours > Prépresse BaT

Fac-Similé - Clone

Un peu de logique

Ma référence à moi

What is BAT…

BAT n°1 - Sur modèle

BAT n°2 - Ecran

BAT n°3 - PDF envoyé

BAT n°4 - Imprimante

BAT n°5 - RIP CMJN

BAT n°6 - PréCTP

BAT n°7 - Presse

BAT n°8 - Finition

Usages des BAT

Critique des mots

Conclusion

L'image et sa source, sont-elles identique ?

Le concept de fac-similé est une illusion d’esprit, dans le sens ou
"
la description n’est pas la chose décrite".

Elle n’est qu’une interprétation représentative de l’origine
dépendante des différents systèmes
de traitement de données et
des limites technologiques
des sorties utilisées.


Exemples
• L'affiche d'un tableau n'est pas le tableaux.
• La photographie n'est pas la scène photographier.
• L'image de mes parents n'est pas mes parents.


Conclusion
Travailler dans la chaîne communication
demande une compréhension
de ces phénomènes
de retranscription.
Schématisation d'un système de représentation 
Entrées / Traitements / Sorties


Si nous réduisons l’ordinateur
à sa plus simple expression
nous obtenons un photocopieur.
• l’entrée est la surface de numérisation,
• le traitement se fait via les touches clarté, contraste…
• la sortie fac-similé via la photocopie sur papier.

L’être humain fait-il de même ?
• les entrées sont nos sens,
• le traitement, ce que l’ont en fait dans notre tête,
• les sorties sont nos différents moyens d’expression


La différence notable entre ces deux systèmes
est notre capacité à retraduire l’origine
en fac-similé (
imitation),
ou à la transformer (
interprétation).


Nous créons un nouvel univers de réalité
et non une copie conforme




   

ENTRÉES

TRAITEMENTS SORTIS

  Humain

réalité n°1

cérébral - imaginaire
réalité n°2

  Ordinateur

analogique n°1

numérique
analogique n°2

  Diachronique

-----------------------------------------------------> le temps s'écoule



Discordance
Lorsque la réalité n° 2
est
confondue avec la réalité n°1,
alors les
problèmes commencent.
Seul un réfèrent de comparaison et
un accord client - fournisseur
sous forme de BAT signé
permet de résoudre les déviations
dues aux techniques ou systèmes utilisés.

Mais, où est la référence ?

Puisque la représentation fac-similé
ou clonage n’est pas possible,
tout le long du travail de préparation,
un réfèrent ou étalon de comparaison doit exister.
Celui-ci va changer tout au long
de la chaîne de fabrication.


“Je ne peux pas emmener un tableau de Picasso
devant l'écran de l'ordinateur ou sous la presse,
juste pour voir si les couleurs sont identiques…”


• Le réfèrent du photographe
sera l’origine et les gammes de contôles

• Le réfèrent du scannériste
sera la diapositive du photographe diminué ou enrichi
par la prévision d’un résultat possible sous presse.

• Le référent de l’imprimeur
est une épreuve couleur papier de contrôle
qui représente le montage textes - images final.
Elle permet de faire une comparaison sous presse.

• Le réfèrent du façonnier
sera un exemplaire pré-plié à la main…
À quoi se réfèrent les clients ?

Remarque sur le mot = B.A.T
veut dire “bon à tirer” donc à imprimer.
A tout moment de la chaîne prépresse
ce mot peut être utilisé,
d’où les flous “artistiques”
que l’on va tenter d’éclaircir.


Quels est son rôle, que valide-t-il ?
Le BAT est un accord contractuel “client / fournisseurs”
Il les lie à un résultat attendu par le client et
que le fournisseur s’engage à réaliser.


Huit possibilités des différents "Bon A…"
donnent l’accord au fournisseur de continuer
les étapes de travail de la chaîne prépresse.


En cas de litige, qui est responsable ?
Un ou des accords datés, signés, paraphés
par les deux parties sont valides juridiquement
et permettent de voir si le contrat a été respecté.

En l'absence de cela, tout le monde accuse l'autre.
1er accord
BON A TIRER
DE COMMANDE SUR MODÈLE


Cet accord valide
Le produit commandé d'après modèle.
Bon de commande avec exemple fourni en fac-similé
pour toutes les formes de vente par correspondance.


Exemples
• Vente sur internet
• Vente sur catalogue (Cmif, 3 suisse, La redoute…)
• Esquisses de projet (archi., pub…)
• Synopsis & story board (cinéma, vidéo…)
• …
2e accord
BON A TIRER
DE CRÉATION SUR ECRAN


Cet accord valide
La maquette et donc la création,
en aucun cas le contenu et la couleur.
(sauf si procédures de calibrage et de contenu validées)

Cette étape se réalise pour :
• les studio de maquettage
• les imprimeries
• les photographes
• les web designer
• les web master
• …


Remarques
Si votre écran n'est pas calibré
à la norme en vigueur
l'aspect écran sera faux,
et donc remettra en question
la validité du BaT


Le client croit
"Ce que je vois, c'est ce que j'aurais."
Est-ce-cela ?
3e accord
BON A TIRER…
DE CRÉATION SUR FICHIERS PDF


Cet accord valide
La maquette et donc la création,
en aucun cas le contenu et la couleur.

Un fichier PDF permet la visualisation d'une maquette sans avoir les logiciels d'origine comme Xpress ou Indesign. Le fichier PDF n'est qu'un fac-similé de la maquette, et donc un décalage de contenu et de couleur est possible et trop souvent le cas. Comme le fournisseur a aucun contrôle sur la visu de son client, le risque est grand.


Ce qui fait dévier l'affichage d'un fichier PDF
• Le lecteur de PDF :
- Le logiciel Apercu ne sait pas montrer les zones dites aplaties.

• La version du lecteur :
• - Acrobat Reader version 5, 6, 7, 8

• La fabrication du PDF :
- Version du lecteur = > effets aplatis ou effets natifs.
- Conversion colorimétrique = > RVB et ou CMJN
- Profil de travail de référence couleur
- Incorporation ou pas des polices = > police redessinée ou pas.
- Résolution et compression des images


Conclusion
En aucun cas un PDF est un référent de BAT presse.
Il est tout au plus un référent de maquette
afin de passer au prépresse.
Si il y a litige,
celui qui a fabriqué le PDF est responsable.
4e accord
BON A TIRER
DE CRÉATION SUR IMPRIMANTE


Cet accord valide
La maquette et donc la création, en aucun cas le contenu.


Ce qui fait varier le contenu et la couleur
Cet accord est réalisé d’après un fichier numérique, qui est envoyé à une imprimante RVB de bureautique. Les tables de montage, comme Indesign ou Xpress, envoie les données en langage Poscript au périphérique de sortie. En l'absence de ce type de langage du codage de la page c'est le codage de l'imprimante qui prend la main et donc pour cela le contenu et la couleur diffère du résultat possible.


Type de machine
• imprimante laser noir & blanc ou couleur
• imprimante jet d’encre
•…
5e accord
BON A TIRER
DE PRÉPRESSE SUR IMPRIMANTE + RIP CMJN


Cet accord valide
• la maquette et donc la création,
• le contenu si RIP vérifié
• la couleur si calibration et simulation presse.


Ce qui fait varier le contenu et la couleur
Cet accord est réalisé d’après un fichier numérique, envoyé à un RIP qui pilote une imprimante CMJN de bureautique. Le rôle du RIP est d'interpréter et d'envoyer les données en langage Poscript au périphérique de sortie.

Le contenu sera contractuel si le RIP de votre imprimante est conforme au résultat réalisé par le RIP de l'imprimeur. Une phase de test de comparaison est nécessaire.

La couleur sera contractuelle si et seulement si l'imprimante est calibrée et simule le rendu de la presse + papier + encre. Les presses dites continues ou rotatives permettent cela. Où encore les presse à feuille si le papier est un standard connu et mesuré du type couché mat ou brillant.


Type de RIP
• Best Color
• EFI
•…
6e accord
BON A TIRER
DE PRÉ-CTP SUR IMPRIMANTE DE CONTENU CTP


Cet accord valide
• la maquette et donc la création,
• le contenu si RIP identique au RIP des plaque Ctp
• la couleur si calibration et simulation presse.


Ce qui fait varier le contenu et la couleur
Cet accord est réalisé d’après un fichier numérique, envoyé à un RIP.

Si le RIP est le même pour le Ctp et l'imprimante, le contenu des sorties imprimées sera le même. Si le RIP qui pilote l'imprimante et le Ctp n'est pas le même retour au 5e accord.

La couleur sera contractuelle si et seulement si l'imprimante est calibrée et simule le rendu de la presse + papier + encre. Les presses dites continues ou rotatives permettent cela. Où encore les presse à feuille si le papier est un standard connu et mesuré du type couché mat ou brillant.


Remarques
Dialoguer avec votre imprimeur afin de comprendre comment son infrastructure fonctionne et qu'elles sont les responsabilités qu'ils portent.
7e accord
BON A TIRER
SUR LA PRESSE


Voilà le vraie, le seul Bon à Tirer. Il se passe au "cul" machine. C'est dans une étroite collaboration avec le conducteur que les derniers fignolages de densité et dominante peuvent changer (variation de +- 5 points de couleur et +- 5 % de densité). Prévoir une à deux heure de collaboration.

La presse calée, le papier chargé, le conducteur lance une centaine de feuilles afin de fignoler le calage de sa machine. C'est une de ces dernières feuilles que je vais signer comme LA RÉFÉRENCE idéale pour tout le reste du travail.

En cas de litige cette feuille sera la seule preuve de conformité.


Cet accord valide
• la maquette
• le contenu
• la couleur (attention au séchage du papier)


Remarque
En packaging, il est courant
de laisser sécher l’encre 1 jour et de faire
le pelliculage et tout traitement de surface
avant accord définitif
ceci est réalisé par un photograveur
équipé d'une presse à essai et si tout est bon
l'impression définitive est lancée.
8e accord
BON A TIRER
DE FINITION - SUR EXEMPLE FAÇONNÉ


Après façonnage d’un exemplaire,
accord sur les quantités suivantes.


Cet accord valide
• la maquette
• le contenu
• la couleur => le seul valable réellement


Accords BAT
CRÉATION - CONTENU - COULEUR


Si vous maîtrisez la totalité de la chaîne prépresse et presse, vos représentations écran et papier peuvent-être à 90 % sur le résultat de la presse. Ceci implique un calage de vos écrans, scanners et imprimantes sur le résultat possible du cocktail Presse + Papier + Encres + Conducteur.


Une autre façon d'utiliser les BAT
En fonction de ce qu'ils valident
et donc 3 étapes se suffisent.

Accord BAT CREATION à partir de…
• BAT n° 2 - si écran calibré

Accord BAT CONTENU à partir de…
• BAT n° 5 - si RIP vérifié
• BAT n° 6 - si RIP idem Ctp

Accord BAT COULEUR à partir de…
• BAT n° 7 - impression commerciale
• BAT n° 8 - packaging

Critique des mots 


PRÉSENTATION ET REPRÉSENTATION

Pour communiquer, l’être humain utilise des systèmes plus ou moins complexes de représentation. Toute forme de communication implique un langage de représentation du connu et de l’existant (le signe).

On pense, à tort, que l’ordinateur est un compagnon fidèle de représentation. A l’image du photocopieur, il peut, au vu de ses capacités de traitements et de ses préréglages techniques de représentation vous montrer n’importe quoi. De même, entre les êtres humains, lorsque le signe n’a pas le même sens ou la même charge affective les quiproquos sont courants.

C’est en tenant compte de cette base commune, qui est un référent ou étalon de préréglage pour les machines et de langage (au sens large) pour l’être humain, que la représentation devient communicative.

Dans notre métier, Il n’existe aucun système de présentation, seule la représentation est notre lot de tous les jours. Langage, codes et réfèrents doivent être la préoccupation de notre cohérence représentative et donc communicative.



REPRODUCTION, RÉPLIQUE ET INTERPRÉTATION

Faire un livre, une affiche, un logo c’est communiquer et donc tenir compte du langage et des techniques de restitution utilisés. “La description n’est pas la chose décrite”, elle sera une représentation. En tenir compte c’est appréhender son métier avec justesse.

Une fois le principe posé, nous pouvons dans le cas d’une image de tableau, soit essayer d’obtenir une réplique qui sera limitée par la technologie utilisée, soit interpréter cette image afin d’obtenir un résultat psychologique qui convienne au client.

Exemple, les agences de voyage désirent des ciels bleus sur les paysages imprimés, même si l’original est différent. Qui à raison qui à tort, quelle est la représentation idéale ?

Elle est là où :
- soit le client et le consommateur la voient,
- soit dans la fidélité technologique qui elle-même
  définit assez mal la base référentielle
  (étalon souvent inconnu ou flou).

Nous avons appréhendé au chapitre au dessus la notion de “bon-à-tirer” ou “BAT” qui représente tous les cocktails possibles de référent de représentation / comparaison.

Pour comprendre les limites de la Re-Présentation
il faut maîtriser la logique du système en cause
et le moyen de se
référer à un étalon.


Celui-ci permettra
un
calibrage des machines
en deux temps

1 - Définir les déviations de chaque périphérique
1 - (corrections machines),
2 - Demander la simulation de l'étalon
1 - (référent).


Les outils informatiques sont des
simulateurs
non pas de l'original (réalité n°1),
mais d'un résultat,
d'une interprétation possible (réalité n° 2).

D'où le concept de calibrage
de la chaîne informatique.